Le marché Sandaga, Sénégal bana!

J’ai tardé à véritablement me lever aujourd’hui! Il est toujours plus facile de rester couché et de rêver à ce que la journée pourrait être… on ne peut être déçue, de cette façon, qu’en se réveillant! Mais les rêves éveillés existent. Il faut rechercher ces paysages, ces gens, ces situations qui nous marquent et restent gravés. Les rêves s’envolent, alors que les aventures s’écrivent! J’aime bien écrire couchée, mais je préfère nettement vivre debout!

J’ai donc tardé à me lever. Je sentais comme la fin d’une étape en regardant nos 4 comparses partir pour les plages de la Casamance. Il faisait très chaud et humide aujourd’hui. Certainement digne, au moins, de l’été québécois qui tarde à vous envahir. Il serait facile de vivre à Dakar presque comme chez nous… presque!

Le marché Sandaga, c’est… étourdissant! Pas comme le gentil et féérique marché de Ségou! Ici, chaque once de pouce est occupée par un vendeur, une vendeuse, du tissu, des légumes, du poisson, des épices, du pain de singe (le fruit du Baobab), du beurre de Karité à la tonne, de la viande, des cossins d’un peu partout dans le monde, de colliers et de bijoux, de tissus, de tissus et encore des sandales et du tissus (je crois qu’il n’y a qu’en Afrique que vous verrez des pantoufles déambuler fièrement comme soulier de tous les jours!), des cd, des cannes diverses… des poches, de ci, des poches de ça! des vendeurs, des vendeurs… mais peu d’acheteurs!

Photos, dans l’ordre: Le supermarché à rayons version Sandaga!, Ventes trottoir au quotidien (sans les industries du maillot de sport et les bijouteries… parce que ça aussi, il y en a, mais quand tu sors ton appareil num.rique ils ne te croient plsu quand tu dis que tu n’as pas d’argent!!), L’industrie du tissus Part I; le palais de la broderie et finalement: Judith et une marchande de tissus (supposément la petite soeur de Mondoï!).

Alors que se passe-t-il quand le Toubab sort du taxi? La même chose que l’abeille sur le pot de miel (et ça fait même presque le même bruit: tsss-tsss-tsss!… eh! Eh! Eh!… Kaye! Kaye! (c’est -viens- en wolof) -tsss-tss…)

Vaut mieux alors s’en remettre au premier qui vous protège contre ces agressions sonore et le prendre comme guide!

Pour nous, c’était Mondoï!evematemporaire 003

Nous l’avons donc suivi entre les kiosques dans un véritable labyrinthe  d’odeurs et de couleurs. Nous sommes descendues dans les catacombes en pierre… sorte d’antre des pêcheurs de haute mer et des fruits à l’odeur persistante! Même si les tables étaient alors presque désertes, quelques spécimens de taille nous faisaient encore les gros yeux pendant que les petits commerçants (souvent, oui: petits!) faisaient la sieste à leurs côtés!evematemporaire 006Photo: une crevette et moi!

Des rigoles d’eau souillée sur le sol et l’odeur des marchands d’épices et de bisap (plante rouge ayant des vertues médicinales qui fait un jus délicieux!) se cognaient brusquement à nous alors que nous cherchions des yeux là où il fallait maintenant nous diriger!

Je voulais trouver du tissus… mais c’est plutôt lui qui m’a trouvé! Les rigoles d’eau souillée me coulaient maintenant du front et dans le dos pendant qu’il me fallait choisir parmi ces marées de couleurs et de motifs, un morceau de futur vêtement! Ils sont durs en affaire les Sénégalais! Mondoï nous a bien aidées, mais comment véritablement savoir ce qui se discute vraiment dans cette langue aux sonorités plutôt agressives. Tout le monde semble se connaître ici et avoir quelque chose à faire ou à voir les uns avec les autres! Celui-là est l’oncle, l’autre la femme et celle-là la fille! Ils S’interpellent de part et d’autre de la rue: chef, patron, camarade! Nous, on avait un guide qui avait une famille de lutteurs (c’est d’ailleurs souvent eux que l’on engage pour faire la sécurité dans le marché!) et dont les amis pouvaient nous amener à TOUBA, le fameux grand Marabou dont le nom tatoue chaque autobus, auto, commerce et fétiche personnel! Bon… On en prend, on en laisse!

Sur le toît de l’immeuble de pierre du haut duquel on aperçoit tout sauf la fin des commerçants, il y a les «restaurants». Sous des cases aux chapeaux de tôles, des mammas en boubous cuisines des tiboudiennes pendant que de maigres monsieurs embroches de petits morceaux de chèvres ou fument de la viande en silence… d’autres prennent le thé ou font la lessive parce que l’heure du dîner est passée; on s’asseoit un petit moment avec eux.

Au dehors, en marchant dans l’énorme vente trottoir (alors il n’y a de l’espace pour circuler qu’au milieu de la rue! Il faut écouter les klaxons!) tout le monde veut notre bonheur! Et Mondoï nous parle déjà d’amitié! Il nous protège bien… on ne nous taquine pas longtemps! Nous fonçons alors entre deux kiosques ambulants pour se retrouver dans un véritable pavillon de la mode Sénégalaise! Que des hommes (bon, peut-être 2-3 femmes) et des dizaines de machines à coudre, du rap en wolof et des bouts de tissus partout! wOW!evematemporaire 015

Bon, 4 mètres de tissus et une sacoche plus tard… étourdies et affamées, nous décidons de marcher vers la grande mosquée de Dakar à la recherche d’un taxi pour nous ramener à la maison en attendant les petites heures!

Je vous laisse donc sur cette dernière prise de vue: un peu d’architecture dakaroise pour vous dépayser avec moi de Ségou en attendant des extraits de Bamako!evematemporaire 008

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